domingo, 29 de janeiro de 2012

2 poemas de Emily Dickinson

Gustav Vigeland, 1906

Come slowly, Eden!
Lips unused to thee,
Bashful, sip thy jasmines,
As the fainting bee,

Reaching late his flower,
Round her chamber hums,
Counts his nectars - enters,
And is lost in balms!




Wild nights! Wild nights!
Were I with thee,
Wild nights should be
Our luxury!
Futile the winds
To a heart in port,
Done with the compass,
Done with the chart.

Rowing in Eden!
Ah! the sea!
Might I but moor
To-night in thee!

Emily Dickinson (1830-1886)

quinta-feira, 26 de janeiro de 2012

Polissonnerie



Je cherche un petit bois touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s’il n’est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.

- Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M’en faire verser d’autres.

- Quoi ! vous craignez l’évènement
De l’amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;
L’amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser la gazon
Sans imbiber la terre.

- Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.
L’amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l’être.

Voltaire

sábado, 21 de janeiro de 2012

Les Bijoux

Marc Lagrange

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre!


Baudelaire

sexta-feira, 20 de janeiro de 2012

Toponímia erótica

Nomes de terras portuguesas:

Bendada - Sabugal
Catraia do Buraco - Belmonte
Coito da Enchacana - Idanha-a-Nova
Enchemamas - Figueiró dos Vinhos
Entalada - Melgaço
Esfrega - Proença-a-Nova
Fonte da Rata - Espinho
Fundo da Rameira - Vila do Rei
Geme - Vila Verde
Grota da Chouriça - Horta
Monte do Coito Grande - Ourique
Paneleiro de Baixo - Guarda
Picha - Pedrógão Grande
Rego Travesso - Tábua
Teso - Oliveira de Azeméis
Tiracalça - Castelo Branco
Vacalouras - Castanheira de Pêra
Vale da Rata - Viana do Alentejo
Venda da Gaita - Pedrógão Grande e Tomar
Vergaços - Terras de Bouro
Vergas - Vagos
Vila Nova do Coito - Santarém

quinta-feira, 19 de janeiro de 2012

quarta-feira, 18 de janeiro de 2012

sábado, 14 de janeiro de 2012

Le serpent qui danse

Robert Mapplethorpe

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon coeur !

Baudelaire

segunda-feira, 9 de janeiro de 2012

PJ Harvey




PJ Harvey - Sheela-na-gig

domingo, 8 de janeiro de 2012

Fruto fendido

Sexe : le fruit d'Eve fendu.

Jean Cocteau

Frederic Fontenoy

segunda-feira, 2 de janeiro de 2012

Canção da Sereia

This is the one song everyone
would like to learn: the song
that is irresistible:

the song that forces men
to leap overboard in squadrons
even though they see beached skulls

the song nobody knows
because anyone who had heard it
is dead, and the others can’t remember.
Shall I tell you the secret
and if I do, will you get me
out of this bird suit?
I don’t enjoy it here
squatting on this island
looking picturesque and mythical
with these two feathery maniacs,
I don’t enjoy singing
this trio, fatal and valuable.

I will tell the secret to you,
to you, only to you.
Come closer. This song
is a cry for help: Help me!
Only you, only you can,
you are unique

at last. Alas
it is a boring song
but it works every time.

Margaret Atwood


Alfred Jarry

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